Bref historique du concept d'auto-partage
mis à jour le 8/02/03

C'est en 1948 qu'apparaît le premier Club de conducteurs à Zurich. Les membres de ce Club cotisaient alors pour acquérir une automobile qui à l'époque était un produit de luxe. Comme l'objectif de ces usagers se limitait à s'offrir un service plutôt que de se lancer dans une aventure commerciale, ce Club n'a jamais compté plus que quelques membres. Ses initiateurs n'étaient pas conscients du caractère novateur de ce qu'ils avaient réalisé. L'expérience fut donc sans lendemain.
Par la suite, fait important, c'est un ingénieur français, Jacques D'Welles, qui souligna l'intérêt d'instaurer une forme de partage des véhicules pour en diminuer le nombre. Effectivement, en 1951 les problèmes causés par la prolifération de l'automobile se faisaient déjà ressentir. Malgré cette paternité conceptuelle, il faudra attendre près de 50 ans avant de reparler de l'auto-partage en France. L'idée fut effectivement rangée au rang des utopies et des bizarreries.

Le concept d'auto-partage traverse l'Atlantique en 1983. La première organisation américaine fut Mobility Entreprise dans le cadre d'un programme de recherche universitaire en 1983 dans l'Indiana. La même année, à San-Francisco est créé STAR. Depuis, de très nombreuses solutions d'auto-partage se sont essaimées sur le continent. Au Québec, on peut retenir la très dynamique CommunAuto qui compte déjà plus de 4 000 membres et 7 ans d'expérience.

Sur le continent européen, c'est à partir de 1987 que les systèmes d'auto-partage se développent. Depuis, le mouvement en faveur de la voiture partagée n'a cessé de progresser. On estime aujourd'hui en Europe que plus de 200 organisations portent ce concept dans plus de 450 villes d'Europe. Celles-ci regroupent plus de 140 000 usagers, essentiellement concentrés en Hollande, en Allemagne, en Suisse, et en Autriche. Les pays européens où le concept s'est implanté sont nombreux : Norvège, Suède, Italie, Danemark, Irlande, Angleterre, et France.
Malgré leur grand nombre, la plupart de ces organisations sont de taille plutôt modeste. C'est ce qui explique qu'en Hollande, le pays où l'on compte le plus d'adeptes, aucune entreprise ne figure dans le palmarès des plus importantes prestations de service d'auto-partage. C'est d'ailleurs à partir de ce constat que l'Europe Car Sharing (ECS) fut créée en 1991 pour soutenir le développement du concept. Cette association revendiquait en 1997 plus de 125 000 usagers.
Les deux organisations d'auto-partage les plus anciennes et les plus importantes sont Mobility Car Sharing en Suisse et Stattauto Drive en Allemagne. Le programme Suisse a commencé en 1987 et compte aujourd'hui plus de 50 000 membres avec plus de 1 650 voitures.
Mobility Car Sharing couvre pratiquement tout le territoire Suisse et s'intègre dans de nombreux projets gouvernementaux d'économie énergétique et multimodale. Stadtauto est née en 1988 et estime ses membres à plus de 10 000 adhérents.
Le concept s'est également acclimaté en Asie depuis 1997 avec Singapour, et au Japon.

C'est à partir de 1999 que la France voit s'implanter l'auto-partage durablement. Effectivement, par deux fois, le concept d'auto-partage n'a pas réussi à se pérenniser dans ce pays. Les expériences d'auto-partage menées en 1971 à Montpellier, Procotep, et Praxitèle à Saint-Quentin-En-Yvelines en 1997 ont été abandonnées. Par contre, Liselec a réussi à s'implanter à La Rochelle depuis 1999 en proposant sur abonnement 50 voitures électriques en libre-service réparties sur 7 stations en ville. Mais toutes ces expériences concluantes ou pas sont des systèmes d'auto-partage en libre-service, système qui demande une logistique importante qui doit s'appuyer sur un fort financement et une volonté politique affichée comme à La Rochelle.
La première organisation d'auto-partage française est de fait Caisse Commune, créée à Paris en 1998. Vient ensuite par la taille, Auto'trement en octobre 1999 à Strasbourg. Ces deux systèmes regroupent actuellement 85% des adhérents à ce concept en France.

Sébastien Noguès